J’écourte cette période de silence virtuel pour te donner, fidèle lecteur, ma vision de cette grippe A dont les médias et mon ministre de la santé n’arrête pas de nous rabâcher les oreilles.
Alors, elle en pense quoi la petite infirmière ?
En réalité, pas vraiment grand-chose. Habituée, à voir circuler sur les rapports médicaux les noms d’agents pathogènes, je dois avouer que j’ai eu du mal au début à prendre celui-ci au sérieux. Un nom de plus : grippe A (H1N1) pour un ensemble de symptômes qui ne donnent que des symptômes grippaux…
Une grippe, ok ! Une nouvelle grippe, tu crois? En réalité, non. Ce même virus (H1N1) a été impliqué dans la pandémie grippale de 1918 qui a décimé une partie de la population mondiale. Des estimations portent la population contaminée à 50 % de la population mondiale (soit à l’époque 1 milliard d’habitants), 60 à 100 millions de personnes en périrent. Cette souche de grippe A a tué plus d’êtres humains que la Première guerre Mondiale ou même que la peste noire… Et pourtant aujourd’hui, bien peu de nos livres d’histoire y font référence. Guillaume Apollinaire, un des mes auteurs préférés, est lui-aussi mort de grippe A en 1918.
Au regard de ces sombres années, on peut aujourd’hui se poser la question : – Risque ou pas avec cette grippe A ? Dépenses excessives ou non du gouvernement pour une simple « grippette » comme peuvent le penser certains médias?
A mon simple niveau infirmier, je ne sais pas !
J’ai quand même un peu réfléchi à ce sujet : – je classerai ce virus comme potentiellement dangereux. Car, si aujourd’hui, la morbidité est importante, la mortalité semble faible.
Pourtant, au regard des chiffres de 1918, y’a de quoi être inquiets ! Aujourd’hui, rassures toi lecteur, il existe deux armes qui à l’époque aurait pu aider à sauver des vies. D’abord, les antibiotiques ! Mes amis antibiotiques, redoutables sur le risque de surinfection, mais inefficaces sur le virus en lui-même. Mais nous sommes sauvés : on a inventé les antiviraux. Ceux-ci sont notre véritable arme. Pourquoi ?
Tout simplement, car aujourd’hui, il n’y a quasiment pas de résistance à ces molécules de la part du virus. Ce traitement, s’il est prescrit selon les recommandations (DSG 20/07/2009), permet de réduire la durée même des symptômes si il est pris dans un délai très court après diagnostic de la maladie ainsi que de diminuer le portage viral nasal. Les antiviraux visent donc aussi à limiter la propagation.
La question médicale qui se pose : prescrire des antiviraux pour tout le monde ? N’étant pas médecin, je ne peux répondre à cette question. Cela dépasse mes compétences. Les populations à risque sont, bien sûr, pour moi, les prioritaires. Après, la prescription concerne uniquement le patient et son médecin traitant.
Sachez le : notre meilleure arme reste aujourd’hui l’hygiène. Pour ne pas tomber malade, il suffit de se protéger. Promouvoir, aujourd’hui, de simples gestes d’hygiène me semble capital.
En effet, ce virus ubiquitaire, très contagieux, est facilement transmis par la toux et les éternuements, par les mains et les objets. Promouvoir par des campagnes de pubs sur tout support médiatique le lavage des mains, c’est rompre cette chaine de transmission. Oui, je sais, vous allez tous me dire : « mais moi, mes mains, je les lave madame !!!!!» Ok, je viens bien te croire mais à l’échelle nationale, un petit rappel des règles élémentaires, c’est indispensable. Se laver les mains et surtout bien de laver les mains sauve des vies et surtout déjà la tienne. En plus, si tu échappe à la grippe A cette année (ce qui est hautement improbable quand même !) te laver les mains t’évitera peut-être l’épidémie de gastro-entérite ou une autre…
Sans rire, j’insiste aujourd’hui sur ce chapitre. En cas de pandémie (et au vu des chiffres aujourd’hui, on devra bientôt passer au stade 6), respect des règles suivantes : – limiter vos déplacements, pas de réunions publiques, pas de poignées de mains, pas de « bisous », portez des masques et lavez-vous les mains… Oui, oui, je suis parano et folle ; mais, cela tu le savais déjà !
Je sais que peu d’usines, peu de lieux de travail sont équipés d’endroits pour se laver les mains. Je sais aussi que les prix des solutions hydro-alcoolique sont exorbitants. Beaucoup d’école n’ont pas construites au tour de ces règles élémentaires d’hygiène. Je n’ai hélas pas de solution à ces réflexions. Mais, je sais l’efficacité que représentent les règles d’hygiène. Au Mexique, après le renforcement des mesures d’hygiène hospitalière, il n’y a plus eu de contamination au personnel médical.
La grippe A, ou celle que tu veux d’ailleurs, tue. Certains n’auront pas tous des complications, d’autres ressentiront à peine les courbatures mais si on se protège tous (en se lavant les mains), vous serez plus nombreux à pourvoir continuer à lire mes conneries…
Sur ce discours alarmant, je vous laisse méditer, je vais me laver les mains.
Ordonnancier