On peut crever en France…
Ce billet est inspiré d’un fait réel qui touche quelqu’un qui m’est cher.
Tout commence par une vulgaire consultation médical un samedi après-midi. Ce qui déjà relève du parcours du combattant parce qu’en province quand tu veux consulter sur la garde un médecin tu passes par le quinze. Celui-ci t’oriente ensuite chez le dit docteur via un numéro de téléphone. Alors après avoir expliqué à la standardiste, puis au médecin régulateur du quinze tu dois encore et toujours par téléphone supplier le médecin de te recevoir. Bah, oui pour un toubib, une angine un samedi c’est pas une urgence alors bon… Bref, quand le doc te reçoit enfin, il t’ausculte , te fait ta petite ordonnance d’antibiotiques et oublie de te donner des antidouleurs! Quoi une grosse angine ça fait si mal que cela ? allez bon ok, je vous mets de l’aspégic alors! (…Quoi ça fait saigner l’aspégic et vous avez vos règles ? Tans pis j’ai fini de rédiger votre ordonnance alors euh… Par contre oubliez pas mes honoraires parce que consultation de garde plus déplacement ça fait beaucoup et j’ai mon crédit de résidence secondaire à rembourser!…)
Rebondissement Dimanche aggravation des symptômes: dysphagie ( impossibilité de déglutir), hyperthermie, douleur intense et frissons. Ce qui pour un médecin ordinaire devrait évoquer une pathologie O.R.L: le phlegmon . Le phlegmon peut devenir une urgence parce qu’il peut entrainer une détresse respiratoire par l’inflammation qui réduit la taille des voies aériennes si elle s’étend. Or dans le cas dont je parles là, les docteurs eux ont du avoir leur diplôme dans un paquet bonux! Bref, passage aux urgences médicales de l’hôpital le plus proche: envoi sur un centre plus éloigné qui a un service de chirurgie ORL. Et là le pompon le couillon de chirurgien qui débarque après je sais pas combien d’appels de la pauvre infirmière ( le docteur qui est censé être de garde sur place est en réalité chez lui et cela le dérange de se déplacer pour une fille avec une angine!) : Y’a pas de problème vous êtes pas mourante! C’est rien qu’une angine ma pauvre dame, faut laisser le temps aux antibiotiques d’agir…Retour à domicile: toujours très mal avec en plus l’impression d’être folle puisque le doc a dit que y’ avait rien!
Sauf qu’aujourd’hui, cette jeune femme m’appelles en pleurs, elle ne sait plus quoi faire. Elle songe à mourir tant elle se sent mal! A cause de la douleur, de la température et parce qu’après deux jours sans manger avec 40 ° elle est moins en forme quand même! Quelques coups de fils plus tard, je la rappelle: elle a rendez vous avec un vrai ORL à 14h30! La suite c’est opération en urgence! Vue la gravité de l”inflammation elle a échappé de peu à un œdème massif des voies aériennes… En bref, la mort assurée car à la campagne les secours arrivent très lentement et pratiquer une ouverture dans la trachée de quelqu’un quand t’es pas doc c’est mort!
Si je publies aujourd’hui ce billet, c’est parce qu’en France aujourd’hui tu peux crever d’une banale angine! Parce que le système de soins est pourri par des cartes de répartitions d’hôpitaux décidés par des fonctionnaires qui vivent pas le quotidien des usagers, parce qu’un connard de médecin si tu le déranges quand monsieur à pas décider c’est tans pis pour toi! Je suis infirmière depuis 10 ans , j’ai bossé aux urgences et dans des services de soins. Je le vois tous les jours moi ce médecin que tu déranges, toi le pauvre malade. Je sais que si t’es riche et que t’as une bonne position sociale tu seras mieux soigner et en plus plus vite. Moi, cette pratique médical me révolte, tous les jours je dois faire avec le léchage de culs de docteurs pour obtenir un malheureux doliprane pour un bébé qui a mal! J’aime mon métier et puis j’ai aussi besoin de mon salaire alors je continue. Mais là ce soir j’ai peur de l’avenir …


Le problème de la plupart des médecins, c’est qu’ils se prennent pour Dieu. Ils ont oublié depuis longtemps ce qu’est l’humilité et n’ont forcément jamais tort. Même lorsqu’ils t’annoncent dans un couloir d’hôpital qu’ils ont fait tout ce qu’ils ont pu, mais qu’au final, ils n’ont rien pu faire…
Et sans les infirmières (et les infirmiers bien sûr), ils ne seraient pas grand chose !
Merci Millie….j’ai aussi un peu vu ce qu’il se passe dans nos beaux hopitaux…comment les deux vitesses fonctionnent et comment tu peux y rester si tu n’y connais rien et que t’es pas trop culotté….j’ai fait une chécystite lithiasique aigue avec 42° en cadeau et le toubib que j’ai vu ce soir là m’a dit “pas grave faut pas vous inquiétez” sauf que à partir de 42 tu convulses et qu’après tu restes légume ou tu crèves…heureusement que mon colloc de l’époque est externe… c’est une horreur…on finira pas se suicider plutôt que d’appeler un toubib…c’estbien, la médecine moderne fait des progrès incroyables mais ils ne serviront qu’à N.S. et ses suppôts riches et célèbres…
Courage, j’ai failli être infirmière..mais quand j’ai vu d’une comment certaines se comportaient et de deux l’état du système…j’ai fait la lâche et me suis enfuie en courant…
cholécystite c’est mieux!!
@ log t’ inquiète j’avais compris…
Bon c’est vrai mon billet est furieusement caricatural et révolté. Parce que c’est mon quotidien, parce que je suis passionnée et exigeante lorsque j’aime quelque chose ( Dieu sait combien j’aime mon boulot!)! Non tous les médecins ne sont pas arrogants et ouf d’ailleurs mais ne vous trompez pas: leur mentalité et leur cursus scolaire les conduit quand même à se sentir différents de vous et moi. J’ai des ami(e)s médecins et lorsqu’ils réfléchissent sur cette idée ils ne démentent pas ce sentiment de puissance lié à leur profession… Les infirmier(e)s ne sont pas aussi en reste, je ne suis pas parfaite loin de là. Mes collègues n’ont plus. Chacune de nous essaie de faire progresser notre profession, le confort de nos touts-patients mais je suis pas dupe:certaines de mes collègues ne sont pas beaucoup apprécié à mon travail par les parents de nos touts petits patients. Moi même, je ne suis pas sure de ne pas avoir un jour heurter ou blesser un de mes patients. Je travailles et j’essaie de progresser. Me former pour m’améliorer…