S’il existe quelque chose de vraiment agréable au travail, c’est bien parfois les lapsus et autres petites erreurs de langage que les parents et parfois même les enfants peuvent dire. C’est vrai que le milieu médical a un vocabulaire qui lui est propre et qui peut déstabiliser. Alors, cela donne parfois des situations drôles, voire cocasses. Le plus dur est toujours de savoir garder son sérieux.
Souvenirs de néonatalogie:
“M’dame, M’dame, comment que j’peux faire pour y changer le cul ?”
Imaginez cette phrase prononcée avec l’accent normand de ma campagne profonde… Respirez profondément et répondez avec le ton le plus sérieux possible “Si vous souhaitez changer la couche de votre enfant, je suis disposée à vous expliquer comment réaliser ce soin”…
Autre souvenir, autre maman:
“Dites, pourquoi que quand je vous ai au téléphone, vous me parlez toujours de ses brycardies ?”
Moi de répondre ” Les ralentissements cardiaques ou bradycardies de votre…” Je sais c’est pas gentil de se moquer des mamans hyper stressées et ce n’est absolument pas ce que l’on fait mais parfois c’est un mot qui restera en souvenir. La maman au brycardie est une de celles que l’on n’a pas oubliées. Juste à cause de ce mot qu’elle n’a jamais cherché à corriger… Et puis cela sert à dédramatiser une situation. Quand je transmets à mes collègues l’état de santé d’un enfant, il m’arrive de l’utiliser maintenant pour dédramatiser surtout si l’enfant est plutôt stable.
Autres Services et autres souvenirs:
- En pédiatrie générale: “Bonjour je voudrais voir le docteur Amour”
Deux secondes de réflexion pour associer le pédiatre au nom cité parce que j’n’ai pas de docteur Love sous les bras et je réponds à la maman ” Le docteur A….. est aux urgences pédiatriques si vous souhaitez le rencontrer”.
J’ai entendu souvent les enfants dans le couloir m’appeler ” Madame la fermière”. Dans ce cas, on se retourne et l’on sourit, j’adore les lapsus des enfants. Et puis ils sont parfois très jeunes et ne se rendent même pas compte de l’erreur…
- Aux urgences pédiatriques
J’aime aussi les parents dont les enfants ont une maladie bizarre comme la broncholite :
” le docteur m’a dit de venir aux urgences parce qu’il a la broncholite mon fils…”
Ok, je préviens l’interne pour l’arrivée des premières épidémies de bronchiolites. Y’a aussi ceux qui n’y vont pas par quatre chemins ” il a la chiasse mon fils” … Ok, c’est aussi une façon très imagée de me prévenir que l’épidémie de gastro-entérites fait rage.
Des mots drôles pour moi, j’en entends très souvent, ils font oublier parfois la situation difficile dans laquelle les infirmières bossent. C’est notre échappatoire.
Puis pour finir, il y aussi l’éternel homme = médecin, femme = infirmière. C’est un principe qui a du mal à s’effriter. J’adore dire aux parents : “Non, la pédiatre n’est pas encore arrivée “ lorsque ceux-ci me disent ” Dite, j’ai vu le docteur, il a dit …”. Parce qu’un de mes collègues masculins est entré dans la chambre et leur a donné une information, les parents associent très souvent parole d’homme= paroles de docteur…
Je suis mauvaise parfois aussi!

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