Charité bien ordonnée Commence par soi-même…
Je me souviens très bien ce matin du mois de mars où mes collègues m’ont prévenue de la démission du directeur du C.H.U de Caen. J’ai été très surprise à cette annonce, je me suis interrogée sur les raisons d’un départ précipité… Quel pouvait bien être la raison de cette démission ?
Très vite, la rumeur a circulé : des dépenses excessives dans un logement de fonction. Pas de preuve, juste la rumeur de plus en plus insistante. Et le titre d’un bouquin : « Le livre noir des Hôpitaux ». La rumeur qui courait ce jour là, c’était la dépense improbable de plus 800 000 euros. Je n’osais y croire, vu que tous les jours au sein de mon service on nous rabâchait le gouffre financier des hôpitaux et surtout de celui de ce C.H.U qui s’élevait à plus de 20 millions d’euros. Il me semblait impossible qu’on puisse engager de telles sommes alors que nous, personnels soignants on nous demandait toujours de « travailler plus, avec moins » vu que il n’ y a pas d’argent pour remplacer le personnel soignant en congés que ce soit maladie ou autre …
Pourtant, cette rumeur s’est avérée être fondée. Les dépenses sont même supérieures à celles annoncées, l’enquête qui suit son cours annonce au moins le doublement de cette somme… Cela me laisse perplexe, dépenser sans compter pour des logements de fonctions !
Pourquoi et comment ? C’est à la justice de le dire et éventuellement de punir les coupables. Dans ce but, il y a quelques jours l’ex-directeur de ce C.H.U était placé en garde à vue. Moi, je m’étonne plutôt de cette facture de plus de 100 000 euros pour des travaux d’électricité. Oui, 100 000 euros d’électricité dans un logement à rénover. La vache, 100 000 euros ? J’aimerai bien voir le devis et savoir combien pouvait coûter les câbles à changer… Et voir aussi les autres devis. Ma modeste maison à moi ne vaut même pas le prix de cette facture d’électricité.
Bref, aujourd’hui, avec le recul et la période estivale qui débute, les vacances à remplacer et pas de personnel, les obligations pour certains de mes collègues de ne prendre que 15 jours sur l’été, je me suis amusée à faire ce calcul :
- une infirmière X au bord de la retraite coûte 54 000 euros toutes charges incluses annuellement. (Ne me demande pas pourquoi je l’ai choisi à l’âge de la retraite, je crois que je suis tellement fatiguée certains jours que je prie d’être bientôt à la retraite…) donc 1 600 000 divisé par 54 000 cela fait 29 infirmières. Donc 29 nouvelles infirmières embauchées sur un an ou une infirmière embauchée pendant 29 ans. A vous de faire le choix… Avec les dépenses engagées, on pourrait à l’aise partir en vacances et récupérer nos heures supplémentaires, c’est certain.
Mais, ce n’est pas mon choix et pourtant, j’aimerai bien. Mais j’ai bien conscience que cet argent, c’est de l’argent public. C’est donc le mien, et le votre aussi. Le déficit de ce CHU qui risque de se monter à 28 millions cette année, c’est vous et moi qui le rembourserons. Encore une fois, c’est encore le contribuable qui mettra la main à la poche pour éponger les dettes crées par d’autres.
Priez, mes chers lecteurs, que j’ai tort. A défaut, commencez à économiser pour rembourser.

j’ose pas dire que j’adore le nom du délégué syndical mais quand même c’est la seule chose de drôle dans ce billet
bien vrai homéo
Dis, Millie, tu seras au CHU en octobre ?
y’a de grandes chances…