La mort, c’est son métier.

La mort, ce n’est pas mon métier. C’est le sien. D’ailleurs, elle le fait plutôt bien son job ! J’ai beau essayé de déjouer ses plans avec mes amis médecins ; le plus souvent, c’est elle qui gagne.

Elle, c’est la mort ou la Faucheuse souvent représentée vêtue sous une cape avec uniquement la peau sur les os (quand il y a de la peau d’ailleurs !) et une faux à la main. Dans la réalité, quand j’ai eu affaire avec elle, je ne l’ai jamais vraiment vu comme cela. Même pas aperçue dans les yeux de ceux qu’elle emportait avec elle.

Nous ne sommes pas amies, elle et moi… Ni ennemies. Juste deux adversaires qui avec des armes différents essayent chacune leurs tours de gagner la partie. Moi, simple infirmière, j’ai de la chance : souvent, y’a du monde à coté de moi pour déjouer les attaques de la grande dame (bah, oui je ne sais pas pourquoi mais la mort pour moi, c’est forcément une dame, grande, svelte et habillée de blanc… c’est plus joli le blanc, non ?). J’ai des collègues, des confrères, des seringues et un tas de médicaments sous la main pour réanimer le patient.

Je ne me souviens pas de tous les prénoms des enfants qu’elle a emmenés avec elle, mais leurs visages parfois reviennent dans mes rêves. Certaines situations ne pourront jamais plus s’effacer de ma mémoire. Les liens tissés avec les familles ou les enfants étaient trop important pour que le temps les efface de mon disque dur mais le souvenir est moins amer à chaque évocation. Chacune des visites pourtant ne m’apparaît pas toujours comme une défaite : elle apporte parfois soulagement et apaisement pour l’enfant et sa famille, elle peut même apaiser l’équipe qui a porté la vie jusque dans ses limites.

Toute cette introduction, pour t’avouer Public que je crois, aujourd’hui, qu’elle m’en veut cette folle dame. Trois semaines que je pense à ce film : « Destination Finale » et que je me pose cette question : – La mort veut elle m’éliminer ? Là, je suis sûr que toi, Public, tu commences à me croire folle et limite paranoïaque (ce qui est ton droit le plus strict, je le concède). Mais, je dois quand même t’avouer que certains éléments de ma vie privée et professionnelle sont à prendre en compte : trois semaines, trois temps de transport différents mais trois incidents qui aurait m’être fatal. Je résume les faits : – un pneu qui éclate sur une voie à vive allure, -la transmission de la voiture qui lâche sans donner de signes avant-coureurs, une collision accidentelle coté passager.

Trois événements, trois grosses frayeurs et trois énormes grosses factures… Malicieusement, trois événements qui ne m’ont laissé que des taux anormaux d’adrénaline (ce qui en soit aurait pu mettre fatal si mon cœur avait été plus fragile !). Mais, depuis je me pose plusieurs questions :

- La mort veut elle ma peau ? Et si oui, pourquoi ? Pour s’en faire en joli manteau avant l’hiver ?

- La mort participe t’elle au programme de relance de la crise économique (vu les factures) ? Est-elle en relation directe avec le ministre de la relance économique ? La mort a-t-elle des options chez mes amis garagistes ? Si oui, combien gagne-t-elle ? Puis-je renégocier les tarifs ?

Bref, que des questions et aucune réponse pour le moment. La mort doit être aphone ou moi, sourde à ses appels. Vivement mon prochain accrochage pour savoir si c’est elle ou moi qui l’emporte définitivement !

~ par millie le 14 octobre 2009.

10 réponses to “La mort, c’est son métier.”

  1. Brrrrrrr…
    Rien de plus intelligent à ajouter…

  2. @ Emmanuel: c’est troublant, je pensais que tu proposerai des réponses à mes interrogations. A toi aussi la mort ne murmure rien à l’oreille?

  3. La mort évite de me murmurer à l’oreille, n’étant pas un cheval. Ceci étant dit et lourdement dit, je pense que… (on est entre nous là, je peux te parler comme à une amie, même virtuelle non ?) Je pense qu’il faut vite que tu te sortes cette idée de la tête… C’est le principe même de la malédiction dans la sorcellerie, très bien étudiée dans le bocage… normand… L’important, c’est d’y croire… Si tu commences à y croire, tu vas au devant de nouveaux désagréments, si tu te dis “J’arrête de flipper, les séries ça arrive, je vais me prendre un bon bain, une bonne nuit de sommeil, et je me fais un petit week-end à Paris ou à Berlin” ou où tu veux, “rien que pour me faire plaisir…”, tu es déjà en passe de sortir de cette logique… Pas facile, mais comment dirais-je… Vital ?

  4. Tant qu’elle ne fait que « passer près » profitons en en vivons la vie à 100%.

    23

  5. Ou alors c’est juste une mauvaise passe coté bagnole comme chacun peut en vivre, même à des intervalles de temps plus rapprochés. Certains frôlent la mort en bagnole tout au long de 30 ans de conduite, d’autre en condensant tout en 3 semaines.
    Hallelujiah ! T’es tranquille jusque la fin de tes jours !

  6. @ Emmanuel: rassures toi, (je suis folle) mais je suis quand même très cartésienne et ne considère ces événements que comme des incidents. Rien de plus banal que cela, mon texte fait peut-être un peu peur mais c’est juste ma folie qui me pousse à émettre des hypothèses sur les raisons des ces incidents. J’adore le concept de mort lié au ministère de la relance économique…

  7. @ 23 Je suis d’accord, l’intérêt de toute vie est de la vivre à 100% quoiqu’il se passe et de jouir des plaisirs qu’elle nous offre. :)

  8. @ chagas Je suis officiellement vaccinée contre la mort, trois piqures de rappel ont suffit je crois. Je suis trop forte, je viens d’inventer une nouvelle vaccination, je songe à déposer le concept…

  9. Je suis convaincue que dans certains métiers, ceux où on cotoie la mort comme tu le fais, elle est à la fois plus proche parce qu’on la voit au quotidien, mais plus lointaine parce que comment supporter sinon ?
    Mais si la mort t’en voulait, tu n’aurait pas échappé à ces trois accidents ;)
    Moi je crois qu’elle vient de te crier le contraire
    Profite, donc ;)
    Bises

  10. @ pandora travailler avec la mort l’éloigne indiscutablement de ma vie. J’ai surtout un ange gardien trop bon depuis que je suis née.

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