Impressions
J’ai de nouveau du temps, le temps simple pour lire et découvrir. Et, crois-moi, il m’a manqué ce temps! Ils m’ont manqué ces liens qui m’emmenaient vers les sites que j’affectionne tant. Et pourtant, m’éloigner de la toile et de son univers n’a pas eu que de mauvais effets secondaires. Bien au contraire, pour certains jours, je l’ai ressenti comme une bouffée d’oxygène, comme une libération à mes addictions.
Mes chemins et mes lectures m’ont amenés à rencontrer virtuellement des hommes et des femmes. Je considère certains d’entre eux comme des amis. Troublant d’ailleurs comme les liens ont été si faciles à créer, probablement protégés par l’anonymat de nos pseudonymes. Ces internautes par leurs passages réguliers ont appris à découvrir une partie de moi, celle probablement qui échappe à mes amis dans ma vraie vie. J’ai cloisonné volontairement cette existence virtuelle pour livrer sur ce blog les zones d’ombres de ma vie. Zones qui me rongeaient de l’intérieur, zones probablement source d’une autre des mes addictions. Sur ce temps d’absence, elles se sont de nouveau remplies. Mes cauchemars sont revenus me hanter et j’ai de nouveau dégusté au sens propre comme au figuré. M’absenter n’a pas été toujours bénéfique, écrire aurait pu apaiser ces angoisses et m’aider à relativiser. Mais, je n’ai pas su m’autoriser à écrire et à le dire. Probablement, parce que l’écrire c’était me l’avouer et qu’avouer c’était devoir assumer. Je ne suis pas encore prête à assumer, je ne sais pas si j’y arriverai un jour…
Sur ce temps, j’ai grandi. J’ai changé, muri plus probablement. Ma conception de la toile a évolué aussi. Je n’ai jamais cessé de l’espérer noire et blanche, j’ai découvert qu’elle était beaucoup plus tamisée et colorée. La toile est à son image, fugace et presque puérile sur certains des aspects que j’ai découverts cette année.
Pourtant, je ne regrette rien. J’ai même un petit plaisir né de cette toile. Les rencontres nées grâce à elle. Le premier café partagé avec un internaute dans le métro parisien est un moment que je n’oublierai jamais, je crois. Tout simplement, parce que passer du virtuel au réel est un moment terriblement angoissant et pourtant, si simple en soi. Je me souviens le retard accumulé par le train qui m’emmenait à Paris, le mal que j’avais eu à utiliser ma boite gmail avec mon portable, son sourire, le naturel avec lequel nous avons échangé dans les couloirs du métro. La situation pittoresque de cette première rencontre reste un merveilleux souvenir. Et puis, il y a Elle. Nous avions déjà échangé par téléphone. Elle m’avait soutenu dans un moment difficile l’année dernière. Nous nous sommes retrouvées au cœur de Paris pour déjeuner. Moment intense d’échanges, de confrontations d’idées et de projets. J’ai été troublée par une impression troublante : l’impression de la connaître depuis longtemps, de partager une partie de sa vie alors que physiquement il s’agissait que de notre première rencontre. Probablement, à cause de ses écrits, vraisemblablement à cause des ses billets que je lis toujours avec autant de plaisir ou à cause de la musique… Je ne sais pas, mais c’est aussi un temps merveilleux que j’ai gardé en moi. Très récemment, il y a aussi les verres de rhums partagés avec un autre internaute. Moment identique, sensation irréel de proximité de par les éléments livrés sur nos blogs respectifs et les échanges via gmail. Nos vies ne résument pourtant pas à nos blogs. Mais, grâce à eux, je connais certains d’entre eux et je ne suis pas dupe, je ne connais que la partie que ceux-ci livre d’eux. Tous nos écrits ne nous résument pas, non plus. Je me considère beaucoup plus complexe que ce que Millie publie. Certes, une bonne partie de ce que j’écris reflète une partie de moi mais je ne me réduis pas à Millie. Millie n’est qu’un morceau de moi, uniquement un morceau. Celui-ci que j’affectionne le plus, certes.
Il n’y pas que les échanges réels que je garderai de cette année. Non, cela serait trop réducteur. Il y a aussi d’autres internautes avec lesquels j’échange via ma boite mail ou par téléphone. Eux, aussi, ont une place privilégiée. Les liens via la petite lumière verte sont un des moments que j’aime. Les conseils, les fous rires sont des petites bulles d’oxygène dans ma vie. Des exutoires venus me libérer de contraintes, de moments plus difficiles…
Voilà, quelques notes, quelques impressions livrées… Image floue et incomplète de ce que j’ai traversé depuis quelque temps et qui parfois m’agace et à d’autres moments me fait du bien. La dualité de ma vie virtuelle, en bref et en raccourci.

Une jolie analyse, et à la fois une tranche de vie, sur cette blogo dans laquelle nous naviguons, depuis plus ou moins longtemps
23
Quand le virtuel permet de jolies rencontres
@ 23 merci
@ pandora tout à fait…J’espère qu’un jour le vent m’emportera vers chez toi si tu vois où je veux en venir
très joliment écrit Miss Millie…
L’addiction, les connivences via internet, le temps et l’espace pour souffler, tout ça en tout cas me parle beaucoup…
…..
Tu sais ce que je veux dire, non ?