Paname
Je m’étais promise de ne plus y retourner. Je voulais uniquement profiter de ma présence à Paris pour découvrir de nouveaux quartiers. Celui de Montmartre pour commencer. Parce que jamais tu ne m’y as jamais emmenée. Probablement, parce que nous n’en n’avons pas eu le temps ou bien parce que je ne te l’ai jamais demandé. Je ne sais plus vraiment. Je voulais y aller, j’avais pris le plan et j’avais étudié bien attentivement les arrêts du métro. Mais, je suis passée trop près et l’envie ou plutôt l’espoir de te revoir a été plus fort que ma raison.
Je suis descendue. Et j’ai constaté que je n’ai pas perdu l’habitude de ces couloirs du métro; ceux-là même où nous sommes si souvent embrassés, si souvent enlacés, si souvent désirés… Mais tu n’y étais pas. Le soleil a brouillé ma vue lorsque je suis revenue des sous-sols parisiens. J’ai retrouvé la rue, ses bruits et sa cacophonie. J’ai retrouvé l’arrêt et j’ai prié pour que tu y sois. Mais, le temps a tout effacé et tu ne m’y attendais pas.
Sans toi, j’ai continué. J’ai voulu retrouver ce jardin. Celui où nous nous sommes promenés main dans la main. Loin des autres, de leur regards et de leurs vies. Seuls au monde au cœur de Paris, seule maintenant je suis. Marcher sur nos pas me fait frémir et réaliser que jamais, je ne guérirai de toi. Je n’y arrive pas, je n’ai toujours pas envie. Te laisser même en souvenir, c’est te faire mourir une deuxième fois et je ne le veux pas. Alors, je me faufile dans la foule et remonte doucement vers la fontaine. Il fait très beau et presque chaud. Tout comme au cours de ce mois de Juillet passé dans tes bras. Il y a toujours autant de monde autour de moi et presque autant de passants. Mais, moi, je prends mon temps. Je te regarde sourire, merveilleux souvenir. Je te regarde surgir de mon passé.
Je me suis assise, sans vraiment m’en rendre compte. Émue encore probablement par cette rencontre imaginaire. Je l’ai tellement rêvé et ce moment magique est arrivé. Tu es là, toujours jeune et beau. Tu es là, au bord de l’eau. Comme dans mes souvenirs, toujours plaisantant de la pluie et du beau temps. Et, mes larmes ont commencé à te troubler. Puis dans un nuage d’humidité, tu as commencé à flotter.
Tu vas partir, tu vas t’enfuir et me laisser errer, une nouvelle fois l’âme désœuvrée. Chacune de mes visites me laisse sans voix. Cette fois, c’est promis: je m’y retournerais pas.



Tu n’as pas à guérir, ou à oublier, juste à cicatriser et à avancer.
Tu sentiras toujours, sur ta peau, le relief de ce qui s’est passé, mais au moins ça ne te fera plus mal.
Laisse le temps faire son œuvre, et laisse-toi le droit de passer à autre chose.
23
“Marcher sur nos pas me fait frémir et réaliser que jamais, je ne guérirai de toi. Je n’y arrive pas, je n’ai toujours pas envie.(…) Je te regarde sourire, merveilleux souvenir. Je te regarde surgir de mon passé.”
Ton texte m’a touché. Il y a des pèlerinages nécessaires pour pouvoir enfin tourner la page, et regarder droit devant…
Wow.
Un texte tristement mélancolique mais plein d’amour…
Je ne sais pas quelle en est la part autobiographique mais je le trouve très beau et plussoie 23 quant au fait que le temps panse et apaise beaucoup de plaies. Bises Millie
Un très beau texte Millie , merci